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La Lettre n°3 : grands et petits projets

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 Substitutions de ressources : grands et petits projets

On parle beaucoup des grands projets de substitution. Qualifiés de structurants car ils auront une influence importante sur l'organisation future de l'alimentation en eau potable, ils font souvent débat car on craint aussi leurs impacts sur les ressources et les usages. On parle moins des petits projets locaux, existants ou à venir, pour relever le défi de la gestion équilibrée et durable des nappes profondes.

20 millions de m3/an, c'est le besoin en ressources de substitution pour réparer les nappes profondes déficitaires. Fixée par la CLE lors de l'actualisation 2015 des besoins, une telle capacité signifie que nous allons devoir modifier nos sources d'approvisionnement en eau potable pour près de 20% des volumes actuellement prélevés pour l’eau potable dans le milieu naturel, soit l’équivalent de la demande de 300 000 habitants. Ces volumes expliquent que les recherches se soient orientées en priorité vers de grands projets.

 Le premier d'entre eux a été mis en service en 2003. Il s'agit du service d'eau industrielle de la Presqu'île d'Ambés porté par Bordeaux Métropole. Depuis, 11 projets majeurs ont été étudiés par le SMEGREG. Trois, offrant chacun un potentiel de 10 millions de m3, ont été retenus par la CLE dont deux sollicitant les nappes profondes : le projet en cours de champ captant des Landes du Médoc, et celui du champ captant au Cénomanien en sud Gironde dont les études vont être relancées d’ici la fin de l’année.

 Sans attendre la mise en service de ces grandes infrastructures, plusieurs petits projets locaux de substitution de ressources pour l'eau potable, portés par le SMEGREG, ont vu le jour. Citons par exemple :

  • • le forage de Bayas pour le syndicat du nord Libournais, qui permet de soulager l'Eocène centre déficitaire en prélevant l'eau en zone nord où cette nappe n'est pas déficitaire ;
  • • le forage de Salignac, qui permet lui aussi au Syndicat du Cubzadais-Fronsadais de transférer ses prélèvements de la zone centre vers la zone nord ;
  • • les deux forages à l'Oligocène de Macavin qui permettront bientôt au Syndicat de Castelnau de Médoc d'abandonner ses prélèvements à l'Eocène centre déficitaire.

 D'autres pistes très locales ont été identifiées par le SMEGREG pour l'eau potable, et des études sont en cours pour des territoires qui ne pourront jamais être raccordés à des projets structurants. On encourage également d'éviter le recours à l'eau potable lorsque l'usage n'exige pas cette qualité d'eau (arrosage des terrains de sport, d’espaces verts, et dans une moindre mesure activités industrielles) et qu'une ressource existe (nappe phréatique, plan d'eau, etc.). Ces micro-substitutions locales ne représentent généralement que quelques milliers de m3/an et par site, mais leur coût de mise en œuvre garantit souvent un temps de retour sur investissement intéressant.

 

Au final, grands et petits projets s’additionnent. Toutes ces initiatives ont déjà permis de diminuer de plus de 4 millions de m3/an les prélèvements dans les nappes déficitaires.

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